LES CONTES DE FÉES

On ne le répetera jamais assez : l'enfant ne vit pas dans un petit monde tranquille !

Au contraire, se sentant vulnérable il est sujet à des peurs et des angoisses. Pour continuer sereinement sa croissance psychique, il doit trouver le moyen de les surmonter, et comme nous l'avons vu dans le précedant chapitre, pour cela il peut compter sur sa croyance magique.

Les contes de fées sont un outil formidable entre les mains des parents car ils sont justement "branchés" sur le mode de communication magique qui correspond parfaitement à cet univers infantile.

Ces histoires racontées depuis la nuit des temps sous différentes formes aident l'enfant à se forger un esprit averti et à chasser ses démons intérieurs.

Ils l'aident aussi  à comprendre ses problèmes et à trouver les solutions adéquates.  En effet, cela le stimule et pour que ce soit efficace il ne suffit pas de lui servir les solutions sur un plateau, il doit les comprendre par lui-même : cela lui donne une certaine importance et une certaine confiance en lui.

De même, les contes, évoluant au fil des années, évoluent également autour des phénomènes nouveaux, des changements dans la société, donc l'enfant peut à travers ceux-ci comprendre, s'adapter à l'évolution de la

société et des moeurs.

1. Les contes de fées et la situation existencielle.

Les contes de fées aident l'enfant à se familiariser avec son inconscient, ce qui évite les troubles psychologiques, et à mieux orienter sa vie par de multiples aspects. Les contes de fées matérialisent ce qui est au plus profond de l'enfant, il peut donc ainsi plus clairement identifier et faire face aux difficultés que rencontre son esprit.

De plus, contrairement aux parents, ils font bien comprendre à l'enfant que dans la vie tout n'est pas rose et que parfois les obstacles que l'on doit surmonter font partie intégrante de la vie et que tout obstacle est surmontable.

A travers les contes de fées, l'enfant peut également comprendre, et est en confrontation direct avec les problèmes qui font l'homme tels que le vieillissement ou la mort. Ils traitent de problèmes complexes de façon brèves et précises, ils vont droit au but, tout en gardent un langage familier à l'enfant et c'est pour cela que ces derniers s'y intéressent. Les dualités entre les différentes notions sont traitées de manière symbolique ce qui permet à l'enfant d'identifier clairement ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Enfin les angoisses, les peurs qui penvent ne pas être vu ou compris par les parents sont prises au sérieux par les contes de fées qui montrent que les solutions existent pour les dissiper.

2. Le conte de fées, forme d'art unique.

Les contes de fées sont exposées par Bettelheim comme une oeuvre d'art qui aiderait au développement de la personnalité de l'enfant. Il dit que l'interprétation, le sens profond d'un conte est différent pour chacun et même au sein d'une même personne à différents moments de sa vie. En effet l'importance d'un conte, ce qu'on y cherche changent au fil des années. On peut découvrir de nouveaux problèmes, de nouvelles réponses dans un conte pourtant déjà maintes et maintes fois lu : notre évolution correspond à l'évolution de notre compréhension d'un conte. Bettelheim soutient aussi que seul l'enfant peut choisi le conte, par ce que son inconscient a besoin de d'éclaircir des points à certains moment de sa vie. Dès thèmes sont donc plus sujets d'interesser l'enfant à une certaine période de sa vie que d'autres. L'interêt d'un enfant pour un conte, résidant dans son inconscient, l'adulte ne doit en aucun cas lui révéler pourquoi son interêt se porte sur tel ou tel conte, c'est à l'enfant de le comprendre et de l'accepter. En effet lui réveler ne servirait qu'à réduire le pouvoir d'enchantement, qu'à rabaisser l'enfant et

à l'empêcher de régler lui-même ses problèmes : cela détruit la satisfaction qu'il aurait eu de parvenir à surmonter seul une difficulté, ce qui est la seule condition pour évoluer. Enfin Bettelheim achève la dernière partie de son introduction en insistant sur la nécessité de raconter le conte originale et non un vulgaire résumé qui enlèverait les éléments clés et détruirait alors toute la magie et le pouvoir d'enchantement du conte.

 

 

 

3. De l'utilité de l'imagination à la vie devinée de l'intérieur.

Les contes de fées sont si primordiaux dans la vie d'un enfant que les supprimer, les rendre rationnels, les interdire priverait celui-ci de toute les richesses qu'ils ont à lui apporter et il lui serait alors beaucoup plus difficile de mettre de l'ordre dans son inconscient. En effet un enfant qui a eu droit aux contes de fées dans son enfance est un enfant dont l'esprit est largement plus ouvert et plus apte à comprendre le monde. A la différence de la littérature classique, les contes de fées se préoccupent du bien être de l'enfant et de le diriger, de le préparer au futur : ils enseignent que dans tout chemin que l'enfant empruntera dans le but d'avancer et de tendre à une

meilleure vie, il y sera accompagné et guidé. Le rôle des contes de fées était beaucoup plus important pour les générations précédentes puisqu'en plus d'une action au niveau psychologique, ils avaient également un rôle intellectuel : De nos jour avec les nouvelles technologies les enfants sont moins intéressés par les contes et d'autres n'ont pas la chance de pouvoir accéder à tout ce que le conte de fées a à apporter. Le but du conte de fées n'est bien pas d'informer mais de guider l'être intérieur. Le mythe et le conte souvent associé jadis sont pourtant bien différent puisqu'à l'inverse du mythe, dans lequel l'homme se sentira toujours inférieur au héros, le conte présente comment résoudre tel ou tel problème intérieur. Les contes de fées ont donc un effet rassurant sur les enfants qui comprennent qu'ils ne sont pas si faibles que ça et sont capables de bien plus de choses qu'ils ne le pensent : les contes de fées sont donc bien également un message d'espoir pour l'enfant.

 

4. Du chaos à l'ordre.

L'esprit de l'enfant, tout comme celui de l'adulte, est chaotique :

il regorge d'un mélange d'émotions qu'il ne sait pas forcément identifier. Il ne parvient à organiser ses émotions que selon des contraires

mais ne peut admettre pouvoir ressentir deux émotions contradictoires à la fois. Il comprend toutes les émotions à leurs paroxysme et ne conçoit pas qu'il puisse y avoir un quelconque milieu, intermédiaire entre deux émotions. C'est la qu'intervient le conte : il lui présente des personnages dont les caractères sont simplifiés et son inconscient les identifie et arrive ainsi à classer le chaos d'émotions qui régnait auparavant dans sa tête. De plus non loin de se contenter de cela, le conte de fées donne l'opportunité à l'enfant de pouvoir mettre un personnage sur chaque émotion : ainsi il les comprend beaucoup mieux. Dans son livre "psychanalyse des contes de fées", l'auteur Bettelheim dit dans la dernière partie du livre que le conte de fées remodèle cette même technique qu'utilise les adultes pour mettre de l'ordre dans leur intérieur, à savoir celle du ça, du moi et du surmoi, pour la mettre à la portée des enfants : chaque personnage symbolisant un des points.

 

Adultes et enfants mettent donc de l'ordre dans leur chaos intérieur de la même manière, les contes de fées ont tout bonnement simplifié la manière dont les adultes le font pour la mettre au niveau des enfants : ainsi chacun met du chaos dans son esprit de la manière la mieux adpatée à son niveau.